FIFA Forward Enterprise : La CAF va-t-elle soutenir le projet rejeté par tous ?

La réaction de la CAF et de certains de ses acteurs clés est attendue sur le FIFA Forward Enterprise de la FIFA
Patrice Motsepe, Gianni Infantino et Fouzi Lekjaa lors de la signature d’accord pour l’ouverture du bureau africain de la FIFA

L’actualité du football est agitée par une proposition de Gianni Infantino, la FIFA Forward Enterprise. Avant même d’être concrétisée, cette initiative est rejetée par plus d’un. La CAF, elle, n’a pas encore exprimé sa position. Ceci devrait être connu la semaine prochaine.

136 contestataires, la grosse menace pour la réélection de Gianni Infantino

3 confédérations ont déjà rejeté ouvertement l’idée d’une ouverture de la Coupe du monde à des investisseurs privés. L’UEFA, la CONCACAF et l’AFC se sont désolidarisés de la proposition. Toutes reprochent à l’instance mondiale de mener le projet dans une grande opacité. Pourtant, ces 3 confédérations regroupent à elles seules 136 fédérations membres. Soit 21 voix de plus que celles qui ont élu Gianni Infantino en 2016. L’UEFA, avec ses 55 membres, a déjà annoncé un boycott de la Coupe du monde si cela est maintenu. Elle a demandé à la FIFA de retirer « dans son intégralité » le projet et « que des assurances contraignantes soient données que la FIFA n’ouvrira plus jamais sa gouvernance ». L’AFC, présidée par Sheikh Salman Bin Al Khalifa, un proche de Gianni Infantino, a rejoint l’UEFA. Pour l’AFC, c’est tout le système de gouvernance et de prise de décisions de la FIFA qui a montré ses limites. Il faudrait donc le réformer.

Un proche de Donald Trump à la manœuvre

Selon Eurosport, c’est un fonds d’investissement qui devrait acquérir les parts privées. Il s’agit de l’US Thrive Capital qui, révèle le journal, appartiendrait au frère cadet du gendre de Donald Trump. Cette révélation vient accentuer les critiques à l’endroit des rapports courtois entre le président américain et celui de la FIFA.

La réaction de la CAF très attendue

Si certaines confédérations n’ont pas hésité à s’opposer à l’initiative, la confédération africaine de football a annoncé une réunion de son comité exécutif la semaine prochaine. L’instance panafricaine a révélé avoir reçu un courrier de la FIFA lui demandant son avis.

Si l’instance n’a pas encore donné sa position, certaines voix laissent entrevoir un soutien. Le président de la fédération comorienne de football, Saïd Ali Saïd Athouman, a ouvertement déclaré son ouverture au projet. Les difficultés liées au financement du football sur le continent africain sont le principal motif pour le dirigeant comorien. Sa réalité, partagée par une grande partie des pays africains, surtout en Afrique subsaharienne, pourrait faire pencher la balance. Gianni Infantino promet 20 millions de dollars aux fédérations qui soutiendront le projet, avec une augmentation progressive au fil du temps. De quoi faire saliver des dirigeants qui tirent le diable par la queue dans leurs pays.

En revanche, la position de pays comme le Maroc pourrait être décisive pour trancher la question. Très impliqué dans la gouvernance du football mondial, Fouzi Lekjaa, président de la fédération royale marocaine de football, joue un rôle très capital dans le football africain. Pour l’heure, il n’a pas encore fait de déclaration publique. Mais sa réaction est guettée de tous les acteurs du football. Il pourrait, à lui seul, faire basculer la décision de la CAF dans un camp comme dans l’autre. Son statut de co-organisateur de la Coupe du monde 2030 n’est pas négligeable non plus.

Une corruption déguisée

« On ne refuse pas 20 millions de dollars ». Ces mots de Saïd Ali Saïd Athouman indiquent clairement que Gianni Infantino a su toucher le point sensible des pays en difficulté. Que ce soit au Togo, au Burkina Faso, aux Comores, en Tanzanie ou dans bien de pays, le financement du football est à la traîne. Ce financement, s’il se concrétisait, serait une véritable bouée de sauvetage. Mais certains analystes crient à une corruption déguisée. De plus, se pose un réel dilemme pour les dirigeants de football dans ces pays : il faudra choisir entre l’éthique sportive, protéger l’intérêt du football et la survie économique du football dans leurs pays.

Jusqu’où ira donc Gianni Infantino ? Affaire à suivre.

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