Le bilan chiffré de Claude Le Roy en 30 ans de banc de touche en Afrique

Le bilan chiffré de Claude Le Roy en 30 ans de banc de touche en Afrique

De 1985 à 2026, le Français Claude Le Roy aura dirigé sept sélections africaines dont le Cameroun et le Congo Brazzaville à deux reprises. Vainqueur de la CAN 1988 avec le Cameroun, seul entraîneur à avoir qualifié six pays différents pour la compétition continentale, son bilan dépasse les 135 matchs officiels. Décryptage statistique par sélection.

Il est le dernier géant blanc du football africain. À 78 ans, Claude Le Roy vient de reprendre du service au Congo-Brazzaville, pour un deuxième mandat, 12 ans après son exploit de la CAN 2015. L’occasion de dresser le bilan comptable de 40 ans de carrière sur le continent.

Les statistiques officielles, qui ne comptabilisent que les matchs en compétitions officielles (CAN, qualifications CAN et Coupe du Monde, Coupe du Monde), sont parfois trompeuses tant le Sorcier a souvent disputé une multitude d’amicaux. Elles restent néanmoins le seul baromètre fiable.

 

Cameroun (1985-1988) : La légende s’écrit

C’est la période fondatrice. 11 matchs officiels, 6 victoires, 4 nuls, 1 seule défaite. Soit 54% de victoires. Il reprend les Lions Indomptables champions d’Afrique 1984 et les emmène en finale de la CAN 1986 perdue aux tirs au but face à l’Egypte, avant de remporter la CAN 1988 au Maroc face au Nigeria (1-0). Une défaite en trois ans de compétitions officielles. Du jamais vu.

 

Sénégal (1989-1992) et Cameroun 1998 : Les années creuses

Au Sénégal, le bilan est plus modeste : 11 matchs, 2 victoires, 3 nuls, 6 défaites. Mais il qualifie deux fois les Lions de la Téranga pour la CAN et atteint deux fois les quarts de finale en 1990 et 1992, posant les bases de la génération 2002. Son retour au Cameroun en 1998 pour le Mondial en France est un échec comptable : 3 matchs, 0 victoire, 2 nuls, 1 défaite, élimination au premier tour.

 

RD Congo (2004-2006) : La reconstruction

Premier passage à Kinshasa : 18 matchs officiels, 5 victoires, 8 nuls, 5 défaites. Le taux de matchs nuls illustre une équipe en reconstruction qui apprend à ne plus perdre. Récompense : une qualification pour la CAN 2006 et un quart de finale perdu contre l’Egypte future championne.

 

Ghana (2006-2008) : L’efficacité

C’est l’un de ses meilleurs ratios. 17 matchs, 9 victoires, 3 nuls, 5 défaites, soit 52% de victoires. Nommé pour préparer la CAN 2008 à domicile, il offre aux Black Stars une 3e place et redonne une âme à un groupe qui brillera ensuite au Mondial 2010.

 

RD Congo, second passage (2011-2013) : Le stabilisateur

15 matchs, 6 victoires, 5 nuls, 4 défaites. 40% de victoires. Mission accomplie : il ramène les Léopards à la CAN 2013 après sept ans d’absence, une qualification qui relance le football congolais.

 

Congo-Brazzaville (2013-2015) : Le chef-d’œuvre

Son meilleur bilan statistique. 21 matchs, 13 victoires, 3 nuls, 5 défaites. 61% de victoires. Il prend des Diables Rouges moribonds, les qualifie pour la CAN 2015 et les emmène en quarts de finale, une première depuis 23 ans. C’est son exploit le plus cité par les techniciens africains.

 

Togo (2016-2021) : Le marathon

Le mandat le plus long et le plus usant : 39 matchs officiels, 10 victoires, 13 nuls, 16 défaites. Seulement 25% de victoires. Mais dans un contexte de moyens dérisoires et de crises fédérales permanentes, il réussit l’exploit de qualifier les Eperviers pour la CAN 2017 au Gabon. Il devient ce jour-là le seul entraîneur au monde à avoir qualifié six pays différents pour la CAN.

 

En cumulé, Claude Le Roy totalise plus de 135 matchs officiels sur les bancs africains pour 51 victoires, 41 nuls et 43 défaites. Si l’on ajoute les matchs amicaux, on dépasse les 250 matchs. Neuf CAN disputées avec cinq pays, une CAN gagnée, une finale et une troisième place. Un record difficile à égaler.

 

 

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