
L’entrée en lice de l’Afrique du Sud dans la Coupe du Monde 2026 a laissé un goût particulièrement amer à son capitaine et gardien de but, Ronwen Williams. En plus de devoir digérer la frustration sportive d’une défaite subie face au Mexique (2-0) lors du match d’ouverture, le leader des Bafana Bafana s’est dit profondément blessé par l’ambiance extrasportive. C’est l’attitude d’une large partie des supporters issus du continent africain, ayant ostensiblement choisi de prendre fait et cause pour la sélection mexicaine, qui a provoqué le désarroi du portier sud-africain.
Face aux micros, Ronwen Williams n’a pas caché sa déception et a exprimé une incompréhension totale face à ce manque de solidarité régionale, traditionnellement de mise lors de la grande messe du football mondial. Rappelant que les peuples africains s’unissent habituellement derrière chaque représentant du continent, il a avoué que ses coéquipiers et lui avaient été profondément touchés, frôlant les larmes face à ce désamour visible. Le capitaine a profité de cette tribune pour lancer un appel vibrant à la fraternité et à l’unité entre nations sœurs.
« Beaucoup d’Africains ont soutenu le Mexique, pas nous, les Sud-Africains. Nous avons presque coulé des larmes, mais vraiment c’est triste. En tant qu’Africains, soyons unis, soyons unis. Les Africains ont toujours soutenu d’autres pays africains à chaque tournoi international surtout durant la Coupe du monde, mais je ne comprends pas pourquoi notre cas est différent. » a-t-il déclaré.
Cette hostilité affichée dans les tribunes et sur les réseaux sociaux ne doit pourtant rien au hasard et trouve ses racines en dehors des rectangles verts. L’Afrique du Sud a en effet traversé des semaines particulièrement sombres récemment, marquées par une recrudescence de tensions sociales, de discours xénophobes et de violences visant directement les communautés immigrées. Ces événements, ayant lourdement impacté les ressortissants de pays voisins comme le Zimbabwe, le Mozambique, le Nigeria ou la RDC, expliquent en grande partie ce retour de bâton populaire et le boycott symbolique subi par les Bafana Bafana.




