Côte d’Ivoire : 5 grands défis qui attendent Hervé Renard, 11 ans après son sacre

Hervé Renard

Onze ans après avoir offert à la Côte d’Ivoire sa deuxième Coupe d’Afrique des nations, Hervé Renard retrouve un environnement qu’il connaît parfaitement, mais une sélection profondément transformée. Le technicien français n’arrive plus pour remettre les Éléphants sur le toit de l’Afrique. Cette fois, il hérite d’une équipe qui a déjà retrouvé son statut de grande nation du continent après son sacre à domicile lors de la CAN 2023. Son véritable défi sera de prolonger cette dynamique tout en faisant franchir un nouveau cap à une génération ambitieuse.

Lorsque Hervé Renard prend les commandes des Éléphants en 2014, la Côte d’Ivoire traverse une période particulière. La génération de Didier Drogba, Yaya Touré, Gervinho ou Salomon Kalou approche de la fin de son cycle sans avoir remporté le moindre trophée continental. Malgré un immense potentiel, cette équipe reste marquée par plusieurs échecs en phase finale de la CAN.

En 2026, le contexte est totalement différent. Les Éléphants ne souffrent plus d’un manque de confiance. Ils sont champions d’Afrique depuis leur sacre historique à domicile en 2023 et restent sur un quart de finale disputé face à l’Égypte lors de la CAN 2025 au Maroc.

Entre-temps, ils ont également retrouvé la Coupe du monde, où ils ont atteint la phase à élimination directe pour la première fois de leur histoire. Renard n’a donc plus à reconstruire une sélection en quête de reconnaissance. Il doit désormais installer durablement la Côte d’Ivoire parmi les meilleures nations africaines.

D’une génération expérimentée à une génération à faire grandir

L’autre grande différence réside dans le profil de l’effectif. En 2015, Hervé Renard pouvait s’appuyer sur une colonne vertébrale composée de joueurs arrivés à maturité. Yaya Touré était Ballon d’Or africain, Gervinho brillait en Serie A, Wilfried Bony sortait d’une saison exceptionnelle en Premier League, Serge Aurier s’imposait parmi les meilleurs latéraux du continent et Salomon Kalou apportait toute son expérience. Cette équipe possédait déjà des leaders capables de décider d’un match à eux seuls.

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire dispose d’un groupe plus jeune et plus équilibré. Franck Kessié est devenu le patron du milieu de terrain tandis qu’Ibrahim Sangaré s’est imposé comme une référence à son poste. Autour d’eux, une nouvelle vague emmenée par Amad Diallo, Oumar Diakité, Evan Ndicka, Simon Adingra ou encore Yan Diomandé représente l’avenir de la sélection. Contrairement à 2015, Renard devra accompagner la progression de plusieurs joueurs encore loin d’avoir atteint leur plein potentiel.

Trouver le bon équilibre

Le principal chantier sera sans doute tactique et humain. Emerse Faé laisse derrière lui une équipe avec une identité forte, construite autour d’une grande solidarité et d’une remarquable capacité à gérer les grands rendez-vous. Même si la Côte d’Ivoire a quitté la CAN 2025 dès les quarts de finale, elle a confirmé qu’elle appartenait toujours au cercle des meilleures sélections africaines.

Hervé Renard devra éviter le piège classique des retours d’entraîneurs : vouloir reproduire les recettes du passé. Le football africain a profondément évolué en une décennie. Les joueurs évoluent dans des contextes tactiques beaucoup plus exigeants en Europe, les données occupent une place grandissante dans la préparation des matches et le niveau moyen des sélections africaines s’est considérablement resserré. Le Français devra adapter ses principes sans renier ce qui a fait sa force : une gestion humaine reconnue, une communication fédératrice et une capacité à transcender ses groupes lors des grandes compétitions.

Capitaliser sur une génération qu’il connaît déjà

Le retour de Franck Kessié et d’Ibrahim Sangaré dans son vestiaire constitue un avantage non négligeable.

Lors de son premier passage, les deux milieux figuraient parmi les jeunes joueurs intégrés progressivement au projet ivoirien. Ils n’avaient finalement pas participé à la CAN 2015, mais Renard avait déjà identifié leur potentiel. Onze ans plus tard, ils incarnent les nouveaux leaders des Éléphants.

Cette connaissance mutuelle peut accélérer la prise en main du groupe. Les cadres actuels connaissent les exigences du technicien français, tandis que Renard sait déjà sur quels profils il pourra construire son équipe. Cette continuité devrait faciliter la transition après le départ d’Emerse Faé.

Le Mondial 2030 comme véritable objectif

Au-delà des prochaines éditions de la CAN, la nomination d’Hervé Renard répond surtout à une ambition plus large.

Le technicien français possède une expérience rare des grandes compétitions internationales. Après avoir dirigé le Maroc, l’Arabie saoudite et la Tunisie en Coupe du monde, il revient avec un bagage encore plus riche qu’en 2015. Cette expérience constitue sans doute l’une des principales raisons de son retour.

La Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui d’une génération capable de rivaliser avec les meilleures sélections africaines. L’enjeu n’est plus seulement de remporter une nouvelle CAN, mais de confirmer les progrès réalisés sur la scène mondiale après le parcours encourageant du Mondial 2026. La qualification pour la Coupe du monde 2030 ne sera qu’une première étape. Le véritable objectif sera d’installer durablement les Éléphants parmi les sélections capables de franchir régulièrement les premiers tours de la compétition.

L’histoire offre rarement une seconde chance. Hervé Renard revient dans un pays où il est déjà une légende, mais ce statut peut rapidement devenir un poids. En 2015, il avait tout à gagner. En 2026, il revient avec un héritage à préserver et des attentes encore plus élevées.

Son premier mandat restera associé au trophée continental. Le second sera jugé sur sa capacité à transformer une équipe déjà championne d’Afrique en une sélection capable de s’imposer durablement parmi les références du football mondial. C’est sans doute le défi le plus ambitieux de toute sa carrière sur le continent.

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