
New Jersey, 16 juin 2026. Il y a des matchs qu’on perd deux fois. Une première fois sur le terrain, une deuxième dans l’analyse. La défaite du Sénégal face à la France (1-3) risque d’appartenir à cette catégorie. Car si le score est lourd, il masque une réalité plus nuancée : un Sénégal qui a résisté 45 minutes, produit du jeu, et fini par céder face à une France de classe mondiale. Ce n’est pas une honte. C’est un état des lieux.
Le fait
Première période maîtrisée par les Lions de la Teranga. Pape Matar Sarr contrôle le milieu, Iliman Ndiaye cherche les espaces. La France, prudente, ne s’emballe pas. Puis vient la rupture : à la 52e, Kylian Mbappé accélère, croise le regard de Barcola, décision prise en une fraction de seconde, 1-0. Le Sénégal accuse le coup. Son seul but réduit l’écart à 1-2 à la 71e minute, avant que la France ne close le dossier en fin de match.
La lecture
Pape Thiaw a construit une équipe cohérente, avec un bloc défensif solide et des transitions rapides. Mais la France de 2026 n’est pas celle de 2022. Elle est plus complète, plus profonde de banc, plus expérimentée dans la gestion des grands matchs. Le Sénégal n’a pas démérité — il a simplement affronté plus fort que lui ce soir-là.
Ce qui inquiète davantage, c’est la suite. Le groupe I est ouvert. Norvège et Irak restent à jouer. Le Sénégal peut encore passer. Mais pour cela, il faudra scorer plus — et ne pas reproduire les 20 premières minutes de la seconde période, où l’équipe a semblé tétanisée par l’adversité.
La perspective
En 2002, le Sénégal avait éliminé la France tenant du titre à Séoul. Ce soir à New Jersey, la revanche était partielle, biaisée. La France de 2026 n’est pas en phase déclinante. Elle est en pleine force. Mais l’histoire retient que le Sénégal a marqué un but face à l’un des favoris du tournoi. C’est une graine. Il reste à voir si elle germe lors des deux prochains matchs.
Par Mamadou Lamine Diallo — Dakar, 16 juin 2026
Sources : FIFA.com, BBC Afrique, RFI, L’Équipe




