CAN 2032 : Kinshasa et Brazzaville unissent leurs forces pour une candidature commune

La République Démocratique du Congo et la République du Congo réaffirment leur ambition d’accueillir ensemble la plus grande fête du football africain. Lors de son passage à la RTNC, le ministre des Sports et Loisirs de la RDC, Didier Budimbu, a confirmé que les échanges avancent positivement entre Kinshasa et Brazzaville pour porter un projet de co-organisation de la Coupe d’Afrique des Nations. Alors que la CAF a réformé son calendrier pour faire passer la compétition à un rythme quadriennal après 2028, le tandem congolais cible désormais les éditions à venir, avec des garanties institutionnelles déjà obtenues auprès des chefs d’État Félix Tshisekedi et Denis Sassou Nguesso.

 

« L’objectif était d’organiser la CAN, non pas en 2027, mais je pense en 2029 ou 2030, ici. L’idée est de l’organiser avec la République du Congo, à Brazzaville. J’ai échangé avec mon homologue de là-bas, Yves, qui a obtenu l’autorisation du président Sassou pour que nous puissions poursuivre les discussions. De mon côté, j’ai également obtenu l’autorisation de notre président. Nous sommes donc en train d’examiner dans quelle mesure réhabiliter les infrastructures existantes et en construire de nouvelles afin de pouvoir organiser cette CAN. » a-t-il déclaré.

Cependant, le gouvernement congolais reste lucide face aux défis majeurs, notamment budgétaires et sécuritaires, qui freinent l’exécution rapide des projets d’infrastructure. L’agression armée et l’instabilité imposées dans l’Est de la RDC captent une part importante des ressources financières du pays, contraignant le pouvoir public à procéder avec rigueur stratégique : « C’est un processus. N’oublions pas que lorsqu’on parle de construction et de réhabilitation, on parle d’argent. À l’est du pays, il y a des gens, je ne sais même pas comment les qualifier, qui font nimporte quoi et qui nous imposent une guerre. Cette guerre pèse sur les finances publiques et sur nos ressources, ce qui nous empêche de réaliser tout ce que nous avions prévu depuis le début. »

 

Pour surmonter ces contraintes économiques sans bloquer la modernisation du secteur sportif, Didier Budimbu mise sur des mécanismes de financement pérennes. La mise en place du Fonds de promotion du sport et l’implication directe des entreprises publiques constitueront le levier financier central pour bâtir et rénover les stades requis aux normes internationales : « Mais cela n’empêche pas que des travaux soient réalisés et que nous continuions à réfléchir. Lorsque je parle du Fonds de promotion du sport, ce fonds va nous permettre de mettre en place des infrastructures. Je vais même plus loin. Des discussions sont en cours avec ma collègue du Portefeuille. Nous examinons comment les entreprises du portefeuille de l’État peuvent également subventionner ou soutenir notre sport, notamment dans la construction d’infrastructures. Nous y travaillons réellement, parce que l’objectif est de pouvoir organiser ce grand rendez-vous. »

Cette initiative conjointe dépasse la simple ambition sportive pour s’imposer comme un véritable levier d’intégration régionale et de développement socio-économique pour les deux nations voisines. Malgré les obstacles financiers et la situation sécuritaire critique dans l’Est du pays, la volonté politique affichée par Kinshasa et Brazzaville témoigne d’une vision à long terme. En mobilisant le Fonds de promotion du sport et le partenariat des entreprises publiques, la RDC se donne les moyens de structurer durablement son paysage infra-sportif pour transformer ce projet historique en un succès retentissant à l’échelle du continent.

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