Le Tout Puissant Mazembe traverse incontestablement l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente sur la scène continentale. Depuis son triomphe mémorable en 2015, le club le plus titré de la République Démocratique du Congo semble avoir perdu sa boussole en Ligue des Champions de la CAF. Cet géant du football africain, autrefois craint et respecté sur tous les terrains du continent, enchaîne les désillusions et peine cruellement à retrouver son trône, laissant ses fervents supporters dans l’incompréhension face à cette rétrogradation sportive prolongée.
Une analyse minutieuse de la décennie écoulée met en lumière une régulation alarmante et une incapacité chronique à franchir le cap des tours décisifs. Entre 2015 et 2026, le parcours des Corbeaux de Lubumbashi s’apparente à un chemin de croix : des éliminations répétées dès le deuxième tour (notamment lors des exercices 2015/16, 2016/17, 2020/21, 2021/22, 2022/23, 2023/24 et plus récemment pour la saison 2026/27), entrecoupées de quelques sursauts d’orgueil, à l’instar d’un quart de finale en 2017/18, d’une demi-finale en 2018/19, et d’un beau parcours arrêté aux portes de la finale en 2024/25.
Cette série de contre-performances traduit des dysfonctionnements profonds au sein de l’institution, qu’il s’agisse de la gestion de l’effectif, de la stabilité technique ou de la planification stratégique. Les exigences de la plus prestigieuse des compétitions interclubs africaines ne pardonnent aucune approximation, et le club de Lubumbashi a progressivement perdu l’ascendant psychologique et tactique qui faisait sa force. Face à l’émergence de nouvelles écuries sur le continent et à la professionnalisation accrue du football moderne, les Corbeaux subissent de plein fouet le poids des années de transition.
Aujourd’hui, le défi pour la direction et l’encadrement technique est immense, réinventer le modèle du club pour renouer avec son glorieux ADN de conquérant. Les supporters et les observateurs du football congolais attendent un sursaut d’orgueil salvateur pour redorer le blason d’une équipe qui a fait vibrer toute l’Afrique. Retrouver les sommets continentaux exigera des réformes audacieuses, un recrutement ciblé et une rigueur sans faille, car le statut historique du TP Mazembe lui interdit définitivement de s’installer durablement dans l’anonymat africain.




