Le choix du revêtement du Stade des Martyrs de Kinshasa continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique sportive congolaise. Face aux interrogations entourant l’abandon du projet initial d’une pelouse hybride au profit d’un revêtement synthétique, le gouvernement, par la voix du ministre Didier Budimbu, est sorti du silence pour apporter un éclairage complet sur les raisons techniques et économiques qui ont motivé cette décision stratégique durant le Space X de Stanis Bujakira.
« On voulait mettre une pelouse hybride, mais malheureusement, nous avons été confrontés à certaines réalités. Une pelouse hybride coûte beaucoup plus cher à entretenir et ne permet de jouer que 200 à 250 matchs par an, contre plus de 400 sur une pelouse synthétique. » a déclaré Didier Budimbu, le ministre des Sports.
L’un des arguments majeurs avancés par le ministre réside dans la capacité de charge du terrain face à la saturation des infrastructures sportives dans la capitale. La réalité du football local exige un terrain capable d’absorber une utilisation intensive que seul un gazon synthétique moderne est en mesure de supporter : « Nous n’avons pas suffisamment d’aires de jeu dans notre pays. Au stade des Martyrs, il y a parfois deux, trois, quatre, voire cinq matchs par jour. Nous aurions eu beaucoup de difficultés à gérer une pelouse hybride. » a relaté le ministre.
Pour s’assurer de la pertinence de ce choix, le gouvernement s’est appuyé sur les conseils d’experts internationaux du secteur afin de faire un choix pragmatique et durable pour le sport congolais : « Des experts internationaux rencontrés à Paris et en Afrique du Sud nous ont conseillé de rester sur une pelouse synthétique. Avec nos infrastructures actuelles, c’était la solution la plus adaptée, car elle permet d’accueillir davantage de matchs et son entretien est moins coûteux. »
Confronté aux accusations de détournement de deniers publics formulées par certains observateurs, le ministre a tenu à apporter un démenti formel quant à la gestion financière du projet : « Certains disent que nous avons remplacé la pelouse hybride par une synthétique pour détourner de l’argent. C’est faux. L’argent destiné à la pelouse n’a pas encore été payé, il est toujours dans la chaîne des dépenses. »
Enfin, le ministre a tenu à souligner l’effort collectif qui a permis de concrétiser cette installation tout en donnant des précisions sur les dernières étapes administratives et techniques avant la mise en service officielle de l’aire de jeu : « Si cette pelouse a pu être installée aujourd’hui, c’est grâce à un montage facilité par mon collègue que j’appelle « Saint-Doudou ». Elle sera certifiée d’ici 48 heures. »
Aujourd’hui, les travaux d’installation touchent à leur terme et le Stade des Martyrs s’apprête à entrer dans une nouvelle phase d’exploitation officielle. L’ouvrage est en passe d’obtenir toutes les garanties de conformité nécessaires aux compétitions nationales et internationales, la certification technique officielle étant attendue dans les 48 heures. Cette avancée déterminante permet au football congolais de retrouver son antre mythique dans des conditions optimales d’utilisation et de viabilité.




