Trois éliminations en qualification sur quatre tentatives. La Squadra Azzurra, championne du monde en 2006, championne d’Europe en 2021, absent du Mondial pour la troisième fois. Ce n’est plus un accident de parcours — c’est un symptôme d’un malaise structurel profond que la FIGC refuse de nommer.
L’ADN tactique de l’équipe
Historiquement bâtie sur la rigueur défensive du catenaccio revisité, l’Italie a longtemps su produire des systèmes cohérents indépendamment des individualités. Le problème de la génération actuelle est précisément là : des joueurs de très haut niveau existent — Barella à l’Inter, Zaniolo en Premier League, Donnarumma parmi les meilleurs gardiens du monde — mais ils ne forment pas un collectif. L’équipe oscille entre des tentatives de jeu positionnel à l’espagnole et des réflexes défensivistes qui ne correspondent plus à son effectif. Le manque de profondeur de banc et l’incapacité à se qualifier révèlent un système de formation qui produit des talents sans construire des équipes.
Coupe du Monde 2026 — L’absence comme verdict
Absente. Encore. Pour la troisième fois en qualification Coupe du Monde, l’Italie regarde le Mondial à la télévision. Après 2018 (Suède), après 2022 (Macédoine du Nord), 2026 confirme que la catastrophe n’est ni accidentelle ni conjoncturelle. C’est une tendance. La FIGC continue de nommer des sélectionneurs, de lancer des plans de développement, et de produire les mêmes résultats. L’UEFA Nations League peut consoler les dirigeants — elle ne console pas les supporters qui se souviennent de Berlin 2006 ou de Wembley 2021.
Les profils clés
Gianluigi Donnarumma (Paris Saint-Germain) : Parmi les deux ou trois meilleurs gardiens du monde. Son niveau individuel rend encore plus cruelle l’absence collective de son équipe nationale.
Nicolò Barella (Inter Milan) : Milieu box-to-box d’élite, champion d’Europe en clubs avec l’Inter. Sa capacité à peser physiquement et techniquement est indiscutable. Mais Barella seul ne peut pas qualifier une équipe.
Giacomo Zaniolo : Le symbole de tout ce qui ne va pas — talent immense, blessures récurrentes, performances en dents de scie. Zaniolo représente la prometteuse génération italienne incapable de transformer son potentiel en résultats collectifs.
Verdict — Réforme ou déclin ?
L’Italie a besoin d’une réforme en profondeur : refonte du football de formation, moins de dépendance aux clubs de Serie A dans la construction de l’identité de jeu, et surtout une ligne directrice claire sur plusieurs cycles. Sans cela, 2030 risque fort de reproduire le même scénario. L’Azzurra a tout pour être grande. Elle choisit, structurellement, de ne pas l’être.
— Kodjo Lawson | AfricaTopSports




