Elim. CAN 2027 : voici pourquoi en Afrique le statut de favori n’existe plus !

Le football africain est en train de vivre une mutation spectaculaire où la hiérarchie traditionnelle ne garantit plus rien sur le terrain. L’époque où les cadors du continent l’emportaient sur la simple renommée de leur maillot appartient désormais au passé. Aujourd’hui, l’écart tactique et physique s’est tellement réduit entre les nations qu’aucune équipe ne peut aborder une rencontre avec la certitude de l’emporter, que ce soit devant son public ou en déplacement.

Les deux premières journées des éliminatoires de la CAN viennent de nous en fournir une démonstration éclatante, marquée par des revers cuisants pour plusieurs ténors. Le cas du Ghana en est l’illustration la plus marquante, défaits par la Côte d’Ivoire (2-0) lors de la journée d’ouverture, les Black Stars ont sombré à domicile face à la Gambie (2-4), un revers historique qui montre à quel point les équipes réputées modestes jouent sans moindre complexe. Dans le même registre, le Nigeria s’est fait surprendre à l’extérieur en subissant un lourd 3-0 face à la Guinée-Bissau, confirmant que les étoiles de la Premier League ou de Serie A ne suffisent plus à faire la différence à elles seules.  

Même lorsqu’elles n’ont pas perdu, d’autres grandes puissances continentales ont été sérieusement bousculées par des adversaires accrocheurs. L’Algérie a concédé un match nul piégeux sur la pelouse du Burundi (2-2), tandis que la Tunisie a été tenue en échec sur ses terres par le Botswana (2-2) après avoir déjà concédé le point du nul en Ouganda (1-1). De son côté, le Cameroun a dû se contenter d’un partage des points face au Congo (1-1) ou encore le résultat nul du Sénégal face au Mozambique (1-1), prouvant que la résistance collective et la discipline tactique peuvent paralyser les armadas offensives les plus redoutées.  

Cette indécision permanente démontre également que le facteur terrain a perdu de sa magie d’antan. Jouer à domicile ne constitue plus une forteresse inexpugnable, comme en témoigne la victoire surprise du Rwanda sur le terrain du Cap-Vert (1-2) ou celle du Zimbabwe face à la Sierra Leone (2-3). Les équipes en déplacement abordent désormais leurs matchs avec une ambition décomplexée, exploitant la moindre faille chez des hôtes souvent sous la pression de leur public.  

En parallèle, certaines nations confirment leur progression constante et s’imposent avec autorité. La RD Congo réalise un parcours idéal en enchaînant deux succès précieux, d’abord face à la Guinée Équatoriale (2-0) puis contre le Zimbabwe (1-2). De leur côté, le Mozambique s’offre un carton plein à domicile contre le Soudan (4-1) et le Bénin prend le dessus sur la Mauritanie (2-1), prouvant que la régularité et la cohésion de groupe priment désormais sur les individualités.  

Au final, ces premiers résultats envoient un signal fort à tout le continent, la qualification pour la CAN sera une véritable course d’obstacles. L’Afrique du football s’est démocratisée et cette homogénéisation du niveau fait toute la beauté de ses compétitions. Il n’y a plus de « petits matchs » ni de victoires acquises d’avance. Sur le sol africain, seule la vérité du rectangle vert prévaut.

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