Le récent nul accroché face au Cameroun (1-1) met en lumière une réalité amère pour le football congolais, la perte progressive de son statut sur l’échiquier continental. Autrefois craints et respectés, vainqueurs de la CAN en 1972 et quart-de-finalistes prometteurs en 2015, les Diables Rouges pâtissent aujourd’hui d’une accumulation de contre-performances majeures et de lourdes défaites. Ce recul sportif a fini par altérer la perception des adversaires, dont certains jugent désormais anormal de concéder des points face au Congo, reléguant la sélection au rang de nation secondaire.
Cette traversée du désert, illustrée par onze années d’absence consécutives en phase finale de Coupe d’Afrique des Nations, ne relève pas du hasard. Le marasme sportif est le produit direct de crises administratives récurrentes et de faiblesses structurelles profondes au sein de la FECOFOOT, qui a même traversé une suspension par la FIFA au début de l’année 2025. L’absence de continuité, les querelles d’intérêts et l’instabilité sur le banc de touche ont progressivement étouffé toute dynamique de progression durable après le départ de Claude Le Roy en 2015.
Pour redonner son lustre d’antan au maillot national, le football congolais doit impérativement tourner la page des discours de reconstruction permanente. La reconquête du respect international exige un assainissement global de la gouvernance, la mise en place d’un championnat national régulier, la modernisation des infrastructures et un investissement massif dans la formation des jeunes. Si la récente prestation face aux Camerounais offre une lueur d’espoir, seul un travail méthodique, transparent et rigoureux permettra aux Diables Rouges de retrouver durablement leur rang.



