À un mois de la Coupe du Monde 2026, la FIFA n’a toujours pas conclu d’accords de diffusion télévisée en Chine et en Inde. Selon le Guardian, cette situation inquiète fortement le président de la FIFA, Gianni Infantino, car elle concerne deux des plus grands marchés mondiaux.
C’est précisément avec l’élargissement de la Coupe du Monde de 32 à 48 pays que la FIFA espérait connecter davantage de grandes nations au tournoi. Or, un scénario se profile où des milliards de personnes en Chine et en Inde auront bientôt du mal à suivre la compétition via les chaînes officielles.
Selon le journal, il y a une raison importante à cela.La FIFA aurait initialement demandé environ 100 millions de dollars pour les droits de diffusion en Inde. Ce montant aurait depuis considérablement diminué pour atteindre environ 35 millions de dollars, tandis que l’offre la plus élevée se situe autour de 20 millions de dollars.
Les négociations progressent également difficilement en Chine. La FIFA visait apparemment un montant compris entre 250 et 300 millions de dollars, mais la chaîne de télévision d’État CCTV ne serait disposée à payer qu’une fraction de cette somme.
La situation est frappante, car lors de la Coupe du Monde 2022, la Chine représentait près de 18 % de l’audience télévisée mondiale. En numérique, cette part était encore bien plus importante.
Selon Shaji Prabhakaran, ancien secrétaire général de la Fédération indienne de football et membre du comité exécutif de la Confédération asiatique de football, le problème ne se limite pas aux horaires des matchs de la Coupe du monde aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
« On utilise cet horaire comme prétexte », a-t-il déclaré au Guardian. « Les Indiens regardent aussi massivement les matchs de la Ligue des champions à des heures similaires. »
Cependant, le décalage horaire joue bel et bien un rôle. De nombreux matchs aux États-Unis, au Canada et au Mexique débutent au milieu de la nuit pour les téléspectateurs indiens et tôt le matin pour les téléspectateurs chinois. Cela rend le tournoi moins attractif commercialement pour les annonceurs.
De plus, selon les économistes du sport, la FIFA est confrontée à un problème plus vaste. Alors que les entreprises de médias étaient pendant des années presque systématiquement disposées à payer des sommes astronomiques pour les droits de diffusion de la Coupe du monde, les diffuseurs semblent désormais examiner la valeur du produit avec beaucoup plus d’attention.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. En Inde, le cricket domine largement le marché du sport, mais le fait que ni l’Inde ni la Chine ne se soient qualifiées pour la Coupe du monde cette année y contribue également.
Par ailleurs, les habitudes de visionnage évoluent rapidement à l’échelle mondiale. Les jeunes fans suivent de plus en plus les matchs via des extraits sur les réseaux sociaux, des plateformes de streaming ou des vidéos sur TikTok, ce qui dévalorise les droits de diffusion télévisés exclusifs traditionnels.
Pour la FIFA, la question est particulièrement délicate car les droits médias demeurent sa principale source de revenus. L’instance dirigeante du football mondial compte sur plus de cinq milliards de dollars de recettes télévisuelles, mais pourrait être contrainte d’accorder des réductions substantielles pour promouvoir le tournoi à l’international.
Or, c’est précisément ce que la FIFA souhaite éviter, car si la Chine et l’Inde finissent par payer bien moins que prévu, d’autres marchés tenteront probablement d’imposer la même politique lors des prochaines Coupes du monde.




