
La Confédération africaine de football (CAF) pourrait-elle revenir sur l’une de ses décisions majeures de ces dernières années ? Le 9 octobre, à l’issue de la Conférence stratégique organisée au Cap-Vert, Patrice Motsepe a confirmé que l’instance examinait la possibilité de rétablir une Coupe d’Afrique des Nations tous les deux ans. Il y a moins d’un an, l’instance annonçait un passage à un cycle de quatre ans à partir de 2028. Derrière ce possible changement de cap, plusieurs enjeux se dessinent.
Un choix économique qui ne fait pas l’unanimité
Le passage à une CAN tous les quatre ans devait notamment permettre de réorganiser le calendrier continental autour d’une nouvelle Ligue des nations africaine. Mais cette réforme pose une question essentielle : comment préserver la valeur commerciale de la compétition phare de la CAF ?
En août 2026, The Guardian a rapporté que l’abandon du cycle biennal avait contribué à l’échec d’un accord commercial qui aurait garanti plus d’un milliard de dollars de revenus sur huit ans. Le poids économique du calendrier, même si elle ne suffit pas, fait bien partie des raisons de la nouvelle réflexion de la CAF.
La CAN, bien plus qu’un tournoi
Pour les sélections, une CAN organisée tous les deux ans offre des rendez-vous réguliers pour construire un collectif, renouveler les générations et maintenir l’intérêt du public. Elle représente également une vitrine pour les joueurs, notamment ceux évoluant dans les championnats africains, qui peuvent profiter de la compétition pour attirer l’attention des clubs étrangers.
Un passage à quatre ans aurait réduit la fréquence de cette exposition. En revanche, espacer les éditions pourrait offrir davantage de temps pour préparer les tournois, développer les infrastructures et valoriser chaque édition. Le véritable enjeu est donc de savoir quel modèle sert le mieux les intérêts du football africain sur le long terme.
Le calendrier international
La question ne concerne pas uniquement la CAF. Les clubs européens doivent libérer leurs internationaux pendant les compétitions et les fenêtres internationales, tandis que les joueurs africains sont régulièrement sollicités par leurs sélections. Une CAN plus fréquente peut accentuer les contraintes de calendrier, mais une compétition organisée tous les quatre ans ne règle pas automatiquement ces difficultés.
La création d’une Ligue des nations africaine, annoncée dans le cadre de la réforme précédente, doit également être prise en compte : si la CAF revient au cycle biennal, elle devra clarifier la place et le format de cette compétition dans son calendrier.
La crédibilité de la CAF
Revenir sur une réforme annoncée quelques mois auparavant soulèverait aussi une question de gouvernance. La CAF devrait expliquer les raisons de ce changement, les consultations menées avec ses 54 associations membres et les conséquences pour les partenaires commerciaux ainsi que pour les pays organisateurs.
À ce stade, Patrice Motsepe a confirmé une réévaluation, pas une décision définitive. L’enjeu n’est donc pas seulement de choisir entre deux et quatre ans, mais de bâtir un calendrier cohérent, économiquement viable et bénéfique pour l’ensemble du football africain.




