CAN Féminine 2026 : le Cameroun touche le graal, le Malawi scintille, le Nigeria déçoit

Cameroun CAN Feminine 2026La Coupe d’Afrique des Nations féminine 2026 restera sans aucun doute comme l’une des compétitions continentales les plus palpitantes de ces dernières années. Le point culminant a été la victoire 3-0 du Cameroun face au Malawi dimanche. Sur le papier, le résultat semblait évident, mais le parcours fut absolument captivant.

Le Cameroun n’avait pas réussi à se qualifier pour le tournoi initialement, s’inclinant 3-1 sur l’ensemble des deux matchs face à l’Algérie au deuxième tour des éliminatoires.

Mais en novembre 2025, il a été décidé d’élargir la compétition de 12 à 16 équipes, les quatre équipes les mieux classées (selon le classement mondial FIFA) n’ayant pas réussi à se qualifier étant autorisées à participer. Parmi elles figurait le futur champion.

Après cet échec initial en qualifications, le Cameroun a changé d’entraîneur, engageant Valentine Nguele, la première femme à diriger l’équipe nationale. Nguele a misé sur la jeunesse, alignant huit joueuses de 23 ans ou moins pour la finale.

L’accent était mis sur une défense organisée, avec Monique Ngock, nouvelle recrue du Washington Spirit, jouant un rôle clé au milieu de terrain et remportant le titre de meilleure joueuse du tournoi.

Au final, les Lionnes Indomptables de Nguele ont été tout simplement indomptables. Elles ont terminé premières du groupe D sans concéder la moindre défaite et ont été la seule équipe à ne pas encaisser le moindre but lors des phases finales.

Le Nigeria, favori du tournoi, et le Maroc, pays hôte, ont été leurs victimes respectivement en quarts et en demi-finales, avant cette victoire sans appel contre une équipe du Malawi emmenée par Temwa Chawinga et sa sœur Tabitha, deux des meilleures attaquantes du monde.

Par-dessus tout, le Cameroun est également entré dans l’histoire, puisqu’il s’agissait de sa toute première victoire à la CAN.

Résumé du tournoi

Le Maroc , pays hôte , a bien débuté la compétition, remportant le groupe A devant l’ Algérie , le Sénégal et le Kenya sans encaisser de but. Après avoir éliminé l’Afrique du Sud en quarts de finale, les Marocains se sont inclinés face au Cameroun en demi-finales.

Malgré un jeu séduisant, leur incapacité à remporter l’une des trois dernières CAN, à domicile, restera une déception, et des questions seront posées à l’entraîneur Jorge Vilda, d’autant plus que cette fois-ci, ils n’ont même pas atteint la finale.

La Côte d’Ivoire a terminé première du groupe B, devant l’ Afrique du Sud , le Burkina Faso et la Tanzanie , inscrivant huit buts et s’imposant comme l’une des équipes les plus spectaculaires du tournoi.

Redoutable en contre-attaque, notamment grâce à Rosemonde Kouassi (Washington), elle a été éliminée en quarts de finale par l’Algérie suite à l’expulsion malheureuse de sa meneuse de jeu vedette, N’Sira Safi Ouédraogo (défaite 2-1). L’Algérie a ensuite remporté le match pour la troisième place face au Maroc aux tirs au but, après sa défaite en demi-finales contre le Malawi.

Le Malawi, équipe la moins bien classée avant cette phase finale, a créé la surprise dès le début en s’imposant 3-2 face au Nigeria. Il a finalement terminé premier du groupe C, tandis que le Nigeria a devancé de justesse la Zambie de Barbra Banda pour la deuxième place lors d’une dernière journée de poules riche en rebondissements.

L’Égypte, quant à elle , n’aurait pas pu espérer un tirage au sort plus difficile. Confrontée à certaines des meilleures attaquantes de la planète, elle a encaissé 15 buts et a terminé dernière sans le moindre point.

Le Ghana , entraîné par l’ancien coach du Racing Louisville, Kim Björkegren, a terminé deuxième du groupe D derrière le Cameroun, se qualifiant pour les huitièmes de finale grâce à une victoire contre le Cap-Vert et un match nul face au Mali . Il a cependant été éliminé en quarts de finale par le Malawi.

Le Cameroun a battu le Ghana et le Mali pour remporter le groupe D, faisant tourner son effectif lors de son match nul contre le Cap-Vert. Il a ensuite battu le Nigeria 1-0 en quarts de finale, puis le Maroc aux tirs au but après un match nul 0-0 en demi-finales.

La finale n’a pas manqué d’enjeux. Le Cameroun, initialement non qualifié, avait désormais l’opportunité de remporter le tournoi. Le Malawi, équipe la moins bien classée, pouvait quant à lui devenir champion continental. Le Cameroun misait sur un jeu collectif reposant sur une défense solide, tandis que le Malawi déployait des attaques frénétiques autour de ses stars individuelles : les frères Chawinga.

Au final, la défense collective a triomphé avec une aisance surprenante. Marie Ngah a ouvert le score pour le Cameroun à la 20e minute, permettant ainsi à son équipe de se concentrer sur la défense et les contre-attaques.

Naomi Eto a doublé l’avantage camerounais d’une frappe acrobatique à la 29e minute, et Ngah a inscrit son deuxième but, le troisième de son équipe, juste avant la mi-temps, suite à une superbe contre-attaque.

Équipe la plus décevante : le Nigeria

Commençons par le point négatif : l’équipe la plus décevante du tournoi est sans conteste le Nigeria. Parmi ses joueuses vedettes : Asisat Oshoala (anciennement Bayer et Barcelone, actuellement à Al-Hilal en Arabie saoudite) ; Rasheedat Ajibade et Jennifer Echegini (toutes deux au Paris Saint-Germain) ; Gift Monday et Deborah Abiodun (toutes deux au Washington Spirit) ; Michelle Alozie des Chicago Stars ; la défenseure centrale de l’AS Roma, Shukurat Oladipo ; et la gardienne de Brighton, Chiamaka Nnadozie.

Sur le papier, le Nigeria possédait la meilleure équipe de cette CAN, mais ce vivier de talents n’a pas permis de créer une équipe soudée. Au final, l’élimination des Super Falcons en quarts de finale constitue leur pire performance en compétition internationale.

La plus grande surprise : le Malawi

Tout le monde savait qu’avec Temwa et Tabitha Chawinga en attaque, le Malawi avait le potentiel de marquer contre n’importe quelle équipe.

Cependant, rares étaient ceux qui s’attendaient à ce qu’elles franchissent la phase de groupes, et encore moins qu’elles atteignent la finale et se qualifient ainsi pour la Coupe du monde de l’année suivante. Leur parcours jusqu’ici témoigne de la pertinence de la stratégie mise en place par l’entraîneur Lovemore Fazili.

Le Malawi a livré une prestation divertissante et offensive. En attaque, Temwa Chawinga était le point d’ancrage, Tabitha Chawinga évoluant sur l’aile gauche. Au milieu de terrain, Faith Chinzimu et Rose Kadzere complétaient le jeu, récupérant les seconds ballons et alimentant les attaquantes.

Malgré quelques difficultés à préserver leur cage inviolée, les Malawites ont mené des contre-attaques d’une rapidité et d’une efficacité redoutables, cherchant à prendre l’ascendant sur leurs adversaires.

Meilleure joueuse : Temwa Chawinga

Il convient de saluer la performance exceptionnelle de la gardienne camerounaise Michaely Bihina, qui a permis à son équipe de vaincre le Maroc en demi-finale. Cependant, la meilleure joueuse du tournoi évoluait pour l’équipe finaliste : la Malawienne Temwa Chawinga.

En pointe de l’attaque, elle a fait preuve d’une technique et d’un jeu de passes remarquables, combinés à la vitesse et aux déplacements explosifs que les supporters du Kansas City Current connaissent si bien. Elle a inscrit cinq buts, dont un doublé contre le Nigeria en phase de groupes, et semblait quasiment inarrêtable lorsqu’elle était au sommet de sa forme.

Les stars du futur : l’équipe du Cameroun

Il était impossible de privilégier l’une des jeunes talents camerounais au détriment des autres. Leur gardienne, Bihina (22 ans), a été sensationnelle, alternant arrêts décisifs sur penalty et sang-froid remarquable sous pression, ainsi que des sorties de ligne décisives. La grande défenseure centrale Maeva Nyadjou (19 ans) s’est montrée imposante et vigilante. L’arrière droite Yvana Makana (20 ans) a réalisé un travail défensif solide en un contre un et des montées offensives constantes.

Le milieu de terrain était dominé par Monique Ngock (21 ans), qui apportait ténacité, anticipation défensive et sérénité balle au pied. Elle était secondée par Achta Toko Njoya (21 ans), dont l’abnégation se révélait précieuse tant en défense qu’en attaque.

Devant, l’attaque camerounaise était menée par Marie Ngah (23 ans), une buteuse à la mobilité exceptionnelle. Sur l’aile gauche, Grace Mendoua (21 ans) apportait son soutien grâce à sa technique, son volume de jeu et sa puissance, tandis que sur l’aile droite, Naomi Eto (21 ans) s’appuyait sur son talent, son énergie et sa puissance.

Il n’y a aucun doute là-dessus : cette équipe du Cameroun est à suivre de près, et elle pourrait même créer la surprise lors de la prochaine Coupe du monde.

Onze de rêve

Gardien : Michaely Bihina ( Cameroun )

Ailière : Yvana Makana ( Cameroun )

Défenseuse centrale : Maeva Nyadjou ( Cameroun )

Défenseure centrale : Maryame Atiq ( Maroc )

Arrière latérale : Inès Belloumou ( Algérie )

Milieu de terrain : Monique Ngock ( Cameroun )

Milieu de terrain : Marine Dafeur ( Algérie )

Ailier : Sakina Ouzraoui ( Maroc )

Attaquant : Temwa Chawinga ( Malawi )

Attaquante : Marie Ngah ( Cameroun )

Ailier : Tabitha Chawinga ( Malawi )

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