À quelques jours du départ de la 37e édition du Tour du Faso, Martin Sawadogo se veut confiant. Le directeur technique national (DTN) de la Fédération burkinabè de cyclisme croit aux chances des Étalons de conserver le maillot jaune remporté par Paul Daumont en 2025. Entre préparation de longue haleine, concurrence étrangère et ambition de briller à domicile, le technicien burkinabè fait le point sur les derniers réglages avant le grand rendez-vous prévu du 30 octobre au 9 novembre 2026.
Pour le staff technique, le Tour du Faso ne se prépare pas en quelques semaines. Le travail a commencé bien avant le regroupement actuel, avec un suivi régulier des coureurs à travers les compétitions nationales et internationales. L’objectif est de bâtir progressivement une sélection capable de répondre aux exigences d’une course par étapes où la régularité et la cohésion peuvent faire la différence.
« La préparation se fait en plusieurs phases. Le Tour du Faso est un objectif majeur inscrit dans le programme de la Fédération, avec l’accompagnement du ministère des Sports et des Loisirs », explique Martin Sawadogo.
Les compétitions organisées au Burkina Faso ont permis au staff de suivre les performances des coureurs et d’identifier ceux qui disposent des qualités nécessaires pour représenter le pays. À cela se sont ajoutées des sorties internationales, notamment au Cameroun, au Bénin et au Mali. Ces rendez-vous ont offert aux cyclistes burkinabè l’occasion de se mesurer à d’autres adversaires et de mieux se préparer aux exigences du Tour.
Depuis le 21 septembre, 21 coureurs burkinabè sont au vert dans le cadre de cette préparation. Ce regroupement constitue une étape importante pour le travail physique, les réglages techniques et la cohésion du groupe. Le parcours effectué entre Ouagadougou, Boromo et Bobo-Dioulasso a notamment contribué au renforcement de la condition physique des athlètes.
Pour Martin Sawadogo, le plus important est désormais d’arriver au départ avec des coureurs prêts à répondre aux difficultés de l’épreuve. « La préparation se passe très bien. Nous sommes dans la dernière phase et nous nous préparons pour être prêts au départ », rassure-t-il.
Au-delà de l’entraînement, le staff doit également veiller à la récupération des coureurs et à leur état mental. Sur une épreuve aussi exigeante, la capacité à enchaîner les efforts, à gérer la fatigue et à rester concentré tout au long des étapes peut peser lourd dans le résultat final. Les dernières évaluations doivent permettre aux techniciens d’affiner leurs choix avant le lancement de la compétition.
Cette 37e édition s’annonce particulièrement exigeante. Dix étapes sont programmées à travers huit régions du Burkina Faso, pour une distance de course de 1 399,97 km. À cette distance s’ajoutent 988 km de transbordement, portant le kilométrage total à 2 387,970 km. Le budget prévisionnel de l’organisation est estimé à 420 millions de FCFA.
Chaque équipe sera composée de six coureurs. Le Burkina Faso sera représenté par trois formations, face à une concurrence internationale comprenant notamment la Belgique, le Maroc, le Ghana, le Bénin, le Mali, le Cameroun, les Pays-Bas, l’Algérie et l’Afrique du Sud. Cette diversité de formations promet une course disputée, où les stratégies pourraient évoluer d’une étape à l’autre.
Martin Sawadogo ne sous-estime pas les adversaires. Il sait que défendre le titre acquis en 2025 demandera beaucoup d’efforts et une véritable maîtrise collective. « Nous savons que la concurrence sera rude. Chaque équipe a ses forces et ses particularités », reconnaît-il.
Pour le DTN, la réussite des Étalons ne reposera donc pas uniquement sur les qualités individuelles de leurs coureurs. Le placement dans le peloton, la gestion des efforts, la solidarité entre équipiers et la capacité à saisir les bonnes occasions seront déterminants. Les incidents mécaniques, les chutes ou les défaillances physiques peuvent aussi bouleverser les plans d’une équipe sur une course de cette longueur.
Le Burkina Faso pourra néanmoins compter sur le soutien de son public et sur l’expérience de Paul Daumont, vainqueur du Tour du Faso en 2023 et en 2025, dont la présence est annoncée pour cette nouvelle édition. Son expérience représente un atout pour la sélection burkinabè, qui espère prolonger le succès de l’année dernière.
Mais Martin Sawadogo préfère garder les pieds sur terre. S’il croit aux capacités de ses coureurs, il sait que le résultat dépendra aussi du déroulement de la course et de la réponse collective face aux différentes situations.
« Nous avons l’espoir de conserver le maillot. Je sais que ce sera difficile, mais je reste positif. Tout dépendra de la configuration de la course et de la prestation collective de nos coureurs », affirme-t-il.
Le message du directeur technique national est clair : le Burkina Faso entend défendre son titre sans sous-estimer la concurrence. Du 30 octobre au 9 novembre 2026, les Étalons devront transformer les efforts consentis depuis plusieurs mois en performances sur la route. Pour Martin Sawadogo et son staff, l’ambition est assumée, mais c’est sur le terrain que se jouera la possibilité de conserver le maillot jaune à domicile.



